Commune déléguée de Charrais

La commune de Charrais est située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Poitiers, en limite du bourg de Neuville-de-Poitou. Son originalité est de s’organiser autour de deux villages (Charrais et Étables) et plusieurs hameaux, dont le principal est Charrajou.
Charrais s’est développé dès le Moyen-Âge autour de l’église paroissiale Saint-Martin, alors qu’Étables s’est formé autour de son château. Ce dernier village a connu un nouveau développement au XVIIIe siècle, avec l’aménagement de la grande route qui le traverse, reliant Poitiers à Saumur. Notons que cette route, aujourd’hui délestée par une déviation, forme toujours la limite avec la commune voisine de Blaslay. Et c’est à Étables que l’on trouve la mairie et l’école.
Depuis une quarantaine d’années, la population a rapidement augmenté, avec la construction de zones pavillonnaires accueillant des familles nouvelles, attirées par le bassin d’emploi de Poitiers et du Futuroscope. On compte aujourd’hui plus de 1000 habitants, contre environ 700 tout au long du XIXe et du XXe siècles. L’école, un temps menacée de fermeture, est rénovée et agrandie, et accueille aujourd'hui une centaine d’enfants.
Quelques petites entreprises sont installées localement, mais les commerces ont disparu depuis longtemps, concentrés dans le bourg voisin de Neuville-de-Poitou.
Les associations animent la vie locale, notamment lors de la fête traditionnelle qui a lieu chaque année début mai.
Aujourd’hui, Charrais reste une commune rurale dans un paysage de plaine ponctué de quelques bois. L’activité agricole y est prédominante : les céréales et la vigne.
 
     
     
L'église Saint Martin
 
   
L'église Saint-Martin de Charrais est fondée avant la fin du XIe siècle puisqu'elle est donnée, vers 1090, à l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. Elle est alors transformée en prieuré, c'est-à-dire que les offices sont célébrés par quelques religieux qui vivent ici. Il reste peu de choses de cette église romane, qui a été presque entièrement reconstruite au XIXe siècle.
Le portail nord, que l'on emprunte aujourd'hui pour entrer dans l'église, est bien de style roman. Il est couvert de deux arcs en plein cintre qui reposent sur des chapiteaux sculptés portés par des colonnettes. Les arcs ont été restaurés, mais les chapiteaux un peu usés par le temps laissent encore voir de belles représentations : un oiseau à gauche, deux bêtes affrontées à droite.chapiteau du portail roman De plan rectangulaire, l'église possède une seconde porte, à l'Ouest, qui n'est plus utilisée. À l'opposé, à l'Est, le chevet plat peut appartenir également à la période romane. Il a été renforcé de deux contreforts, et percé d'une grande fenêtre, de style gothique. C'est bien plus tard que l'on a ajouté la sacristie ; mais sa petite fenêtre réutilise un ancien linteau sculpté dont le décor en accolade révèle le XVe siècle. Tous ces détails laissent deviner plusieurs phases d'aménagement de l'édifice.
A la fin du XIXe siècle, l'église paroissiale est en très mauvais état. Le conseil municipal décide de la reconstruire en 1893. Le clocher est démoli et des voûtes en plâtre sont posées sur la nef ; il n'y avait pas de voûtes de pierre auparavant, ce qui est un indice d'une église très ancienne. Le pavage est déposé et refait en ciment. Certains murs sont rebâtis, ou doublés de cloisons de briques. La toiture est remplacée. Enfin, on prend soin de restaurer et remettre en place le portail roman. Le nouvel édifice est béni en 1900 ; le chemin de croix est également inauguré.
 
     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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